Dialogue social : pour en finir avec le coup de la panne…

Fait incontestable, le dialogue social connaît en France une crise profonde. Faut-il se faire une raison, ou peut-on encore changer la donne ?

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Un paradoxe français

Le dialogue social est en France un véritable paradoxe ; incontournable en tant que démarche de régulation sociale, il peine encore à trouver sa place dans notre société, et plus encore dans le fonctionnement de l’entreprise.

Déjà regrettable en temps normal, ce constat devient réellement inquiétant dans un contexte économiquement dégradé. Car, alors que les acteurs de l’entreprise devraient en toute logique, dans un principe de soutien mutuel, co-construire de nouvelles solutions, ils tendent plutôt à renforcer leurs postures identitaires, au risque de favoriser crispations et ruptures.

Ce contexte difficile ne fait qu’accentuer les incertitudes relatives à l’intérêt et au sens du dialogue social, et à sa juste utilisation au service de la collectivité.

Désenchanté et de plus en plus déconnecté des préoccupations concrètes des organisations, il a fini par rejoindre les rangs des concepts flous et protéiformes, et ne plus être considéré pour ce qu’il est, à savoir :

  • un moyen : celui d’associer, de manière sincère et transparente, les parties prenantes de l’entreprise à la vie et à la conduite du collectif humain qui sous-tend chaque organisation ;
  • une finalité, à travers l’émergence d’une régulation sociale autonome, alliant discussion, entente et convergence.

Une mécanique complexe aux formidables potentialités

Ainsi dévoyé, le concept de dialogue social mériterait sans doute d’être renommé… Mais l’essentiel n’est pas là : bien plus qu’un simple lifting sémantique, il s’agit avant tout de redonner corps à la notion et révéler ses formidables potentialités, dans le respect de la mécanique complexe qui anime ses différents acteurs.

Cela suppose cependant de sortir des approches standardisées, focalisées sur les seuls aspects juridiques des relations sociales. Si ce socle juridique doit demeurer la référence, force est de constater qu’il est insuffisant pour apporter une méthodologie efficace et équitable de conduite des relations entre parties prenantes.

Il convient donc de le compléter par d’autres approches, orientées vers la qualité et l’efficience des échanges entre partenaires sociaux.

Étendre la vision du dialogue social

Ce constat doit nous inciter à étendre notre vision du dialogue social, en l’alimentant de réflexions nouvelles et de principes pertinents ; les concepts managériaux et les méthodes de l’intelligence collective nous donnent en la matière de véritables clés de compréhension ainsi que des moyens d’action puissants.

La combinaison de ces trois piliers de la dynamique sociale offre des possibilités incroyables de restaurer le dialogue social, de le redynamiser, voire dans certaines situations, de le réinventer, afin d’en faire tout aussi bien un facteur de performance sociale de l’entreprise que de qualité de vie au travail.

Il est temps que cette réflexion, de pur bon sens, donne enfin lieu au développement de nouvelles méthodes, fondées sur les principes de confiance, compétence, concertation et co-responsabilité.

Celles-ci, porteuses d’innovation sociale, permettront ainsi de redonner de la valeur et du sens au concept de partenaires sociaux.

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